Choc’late city, here I am back! J’adore New-York mais j’avoue que dès que le bus est arrivé à Washington, mon coeur s’est serré tant j’ai de bons souvenirs ici. Il faut dire que mon premier séjour américain s’est déroulé ici dans un quartier un peu au nord qui s’appelle Mount-Pleaseant.


Washington est une jolie ville à l’architecture harmonieuse, dessinée par Pierre L’enfant et son modèle servira ensuite à construire de nombreuses villes françaises à partir du 18ème siècle sur un schéma en étoile comme autour des principales places de Paris (Nation, République, Charles De Gaule…).

Une ville un peu provinciale, où l’on ressent le sud des États-Unis, mais aussi une ville administrative et politique, cosmopolite et étudiante où l’on s’amuse, notamment les week-ends…
Une ville de verdure et de parcs, une ville connue pour son importante majorité noire (57%), d’où son surnom Chocolate City…. autant dire le paradis pour moi…
Hier, petit tour des galeries de Washington où l’accueil est nettement plus amical qu’à NYC. Puis déjeuner à Busboys and Poets, café intello branché radical, nommé ainsi d’après l’écrivain noir Langston Hughes:
On one particular evening Langston placed several of his poems beside the dinner-plate of American Poet Nicolas Vachel Lindsay who in turn the following day wrote in the local newspaper and spoke of his meeting with the “Negro busboy poet” (un aide-serveur poète noir)

“Hold fast to dreams, For if dreams die, Life is a broken-winged bird that cannot fly, Hold fast to dreams, For if dreams go, Life is a barren field, Frozen with snow.”
“I swear to the Lord,I still can’t see, why democracy means, everybody but me.”
En soirée, Ram m’emmène au théâtre à Crystal City, autant dire à l’autre bout du monde, voir une pièce sur la crise des missiles de 1962, “Titans”. Beau rappel d’histoire, belle production et excellent jeu d’acteurs…

Retour sur Adams Morgan où l’on va souper au Diner (prononcez Dailleneur) puis prendre un verre au bar le TomTom où travaille une amie de Ram, Perry, qui a à peu près le look de Sigourney Weaver dans Alien et les mêmes manières androgynes et sexy d’une killer.


Evidemment, le bar est rempli de jeunes venus s’éclater et Ram s’amuse à brancher pour moi (et sans me demander mon avis) un gars un peu plus âgé installé au bout du bar et qui s’avère être un … sénégalais…
-What’s your name?
-Brahim…
-Nice to meet you and this is my friend Chris … Le gars entend “Youssef” et me prend d’emblée pour un arabe… Ca me change guère de Paris où l’on me prend régulièrement pour un kabyle ou un russe…
Ram a décidé de s’amuser encore et pousse le bouchon:
-Chris writes a novel…
-Oh, you are a novelist, s’exclame le gars, un peu admiratif…
-Well, call me a novelist when my first novel is published, for now, let’s say I am writing a novel…
…
Je commence à transpirer malgré la clim’… Vu que le mec, très sympa, est de toute évidence hétéro dans un bar hétéro, je tire un peu Ram par la manche… let’s go!
Bon là je vous dois une explication: depuis que Ram sait que j’écris un roman et qu’il en connaît le sujet, il se montre très enthousiaste… et me pousse à écrire vite et beaucoup. Il me met une pression d’enfer pour que je termine au plus vite. Déjà au théâtre, il m’avait fait le coup du “Chris writes a novel”.
J’adore Ram. Je partage avec lui plein d’idées et de valeur, ce qui a le mérite de rendre Michael jaloux… C’est un bel homme de 61 ans (”sixty-one point five”) comme il s’amuse à le dire… élancé, mince et avec de grands yeux bleus qui embrassent le monde avec honnêteté et compassion à la fois…
Bref, au lieu d’aller traîner du côté de P street où se trouvent quelques uns des bars gay que j’aime, je m’installe vers une heure du matin devant une fenêtre pour sentir la brise fraîche. Résultat: cinq pages écrites d’une seule traite… L’effet “kiss cool’ ce Ram…