Day Thirty-three: “ritorno vincitor”

août 14, 2008 by newyorkartdiary

Seconde nuit d’opéra gratuite à Central Park. Sous la baguette de Vincent La Selva, 87 ans, une belle représentation de Aida de Verdi.

Trois très grandes voix :

le baryton Raemond Martin dans le rôle Amonasro, King of Ethiopia, une voix profonde, souple et soyeuse. A chanté dans Porgy and Bess au Met et au festival de Glyndebourne.

le Ténor Alejandro Olmedo, dans le rôle de Radames, puissant et mesuré, avec de beaux aigus et des graves bien assurés. Olmedo a été encouragé par Placido Domingo à faire carrière dans le chant lyrique.

et Joanna McIntire, dans le rôle de Aida… (sur les deux photos des répétitions ci-dessus)… avec un solide timbre qui varie du feutré au cristallin…

Day thirty-two : une superbe expo Dürer

août 12, 2008 by newyorkartdiary

Le réveil fut difficile après une nuit à danser la Salsa et le Merengue, devinez où… AU MONSTER, mais oui ! Pour ceux et celles qui ne comprennent toujours pas comment un mec “territorial” fonctionne.

Après avoir papoté avec l’ami Pascal sur skype, l’espion qui venait du froid, je me pousse de force vers l’expo que j’ai décidé de voir : “Art in Transition: Albrecht Dürer” au Museum of Biblical Art. Ben, si j’ai pas trop traîné dans les musées cette année autant que l’été dernier, je vais pas regretter cette expo-là… une pure merveille : une centaine de dessins de Dürer dont trois, considérés comme des chef-d’œuvres :

- Le cavalier, le diable et la mort

Saint-Jérôme dans son étude

Melencolia

 

En bon français, je me suis jamais demandé si Dürer était gay (ça ne se fait pas chez nous de se poser ce genre de questions; on n’est pas de vilains communautaristes comme les Américains!) mais en voyant trois dessins (et me souvenant de son auto-portrait en Christ) j’ai guère pu faire autrement…

 

Bon, les mentions du disciple préféré de Jésus, Jean, a toujours donné des vapeurs à plus d’un Chrétien gay mais là, il faut admettre que le petit père Dürer, il n’y va pas pas avec le manche du pinceau…

 

Ensuite, il y a cette scène de bains pour hommes, prétexte à des tas de jeux symboliques (les âges de l’homme, les cinq sens)… mais comment ignorer qu’il y a un gars qui se pâme d’aise ?

 

Dernier indice, Dürer écrivit à son meilleur ami, Willibald Pirckheimer, lors de l’un de ses séjours italiens qu’il trouverait certainement du plaisir à voir circuler tous ces [beaux] soldats vénitiens…

Day Thirty: enfin, le cloître

août 10, 2008 by newyorkartdiary

Depuis que j’en entends parler, il fallait bien que je m’y rende et comme le beau Ricardo habite pas très loin de là, on a décidé d’aller faire un tour ce dimanche après-midi… Nous voilà donc partis dans la partie la plus européenne de NYC… The Cloisters… littéralement un assemblage de vieilles pierres d’abbayes européennes, mais un assemblage digne de nos vins de terroir.

(je fais ici une vague parenthèse, j’en ai marre des vins à un nom, Merlot, Chardonnay, Syrah, Pinot noir, Shyraz, Malbec… j’ai hâte de retrouver nos assemblages bien européens avec des vrais noms de région et de domaine…fin de la parenthèse).

Il pleuvote sur les Washington Heights et sur le Parc de Fort-Tyron mais les fleurs sont si jolies surtout quand Ricardo les prend en photo…

 

Bon, comme ceux qui me lisent savent déjà que je suis l’homme des répétitions façon Fernand Raynaud, Ricardo est l’artiste qui peint les hommes-fleurs… donc il trouve aussi son inspiration dans les jardins…

Et traversant le Park de Fort Tyron sous les échos de la musique dominicaine (c’est la journée des Dominicains -pas les curetons en noir et blanc qui firent les beaux jours de l’inquisition, non les gens des îles-là qui remuent sauvagement leurs hanches …)

[Ah les vilains communautaristes américains, vous vous rendez compte, ils laissent des gens à un seul drapeau défiler dans leurs rues en parlant/chantant/dansant une seule langue, l'espagnol de la République Dominicaine... faites Bouuuuuuh avec moi car le pays est au bord de l'explosion communautariste, houuuuuuh la honteeeeeuuu!... Demain, ce sera dans tous les journaux français, vous allez voir! C'est pas chez nous qu'on aurait laisser faire une parade des Kabyles et autres Berbères...]

Bref, nous traversons ce magnifique parc fleuri pour gagner les Cloisters… au son du Merengue… CALIENTE…

 

Et voilà, trop fort les Américains, ils ont un sens de la mise en scène extraordinaire. Sur quelques ares de terrain, vous êtes dans une belle abbaye bien de chez nous…

Day Twenty-eight: Miracle à Central Park, le joueur de Tympanon

août 6, 2008 by newyorkartdiary

Voilà, je voulais écrire à Central Park et passer les 70 pages de mon roman, donc je déboule à donf’ sur mon vélo-si-pédé au niveau de la 72ème rue et à peine ai-je atteint le bas de la pente que j’entends… mais ne serait-ce pas du sentour/santoor persan ? Je fais une jolie boucle quasiment patinage-artistique pour accéder à une petite contre-allée où joue un personnage inattendu et indéfinissable.

Captivé comme un rat suivant le petit joueur de flûte de Hamelin, je reste planté à écouter une musique cristalline. Je ne peux même pas identifier l’instrument, c’est vous dire. Avec un peu de recherches ce soir, je peux vous dire que :

The cymbalum, cymbalom, cimbalom, ţambal, tsymbaly, tsimbl, santouri, or santur is a type of hammered dulcimer found mainly in the music of Hungary, Romania, Moldova, Ukraine, Greece and Iran. In Czechoslovakia it was also known as a cimbal est aussi appelé Tympanon à la cour de Loulou 16 et de Marie-toinette à Versailles

Vous me connaissez, je peux pas m’empêcher de parler au Gus et de poser des questions et de fil en aiguille, je me prends d’amitié pour le personnage, ledit Arlen Olesen dont je ne sais toujours pas s’il est homme ou femme, vu que j’ai oublié de lui demander comment il se définissait… Tout ce que je crois savoir, c’est qu’il a des seins et qu’il fait pipi chez les Messieurs dans les toilettes publiques de Central park…

Mais ce qui compte, c’est que Arlen est un musicien magique, qui joue dans les parcs, été comme hiver. 

Bon, il pue un peu, mais je vais pas faire ma mijorée, il joue comme un Dieu vivant. Il a deux surnom “le pied Piper to the Bumps” (le petit joueur de flûtes des clochards) et “Tobacconist to the Law” (le débit légal de tabac) …

et puis ya un “ti gars de Toulouse” qui vient sur le tard le rejoindre et lui faire un petit au revoir musical… Il va sur sur Saint-Barthelemy et laisse une Lola suisse… les deux repartent bras dessus bras dessous…

Day twenty-four and twenty-five: retrouvailles avec DC

août 3, 2008 by newyorkartdiary

Choc’late city, here I am back! J’adore New-York mais j’avoue que dès que le bus est arrivé à Washington, mon coeur s’est serré tant j’ai de bons souvenirs ici. Il faut dire que mon premier séjour américain s’est déroulé ici dans un quartier un peu au nord qui s’appelle Mount-Pleaseant. 

Washington est une jolie ville à l’architecture harmonieuse, dessinée par Pierre L’enfant et son modèle servira ensuite à construire de nombreuses villes françaises à partir du 18ème siècle sur un schéma en étoile comme autour des principales places de Paris (Nation, République, Charles De Gaule…).

 

 

Une ville un peu provinciale, où l’on ressent le sud des États-Unis, mais aussi une ville administrative et politique, cosmopolite et étudiante où l’on s’amuse, notamment les week-ends…

Une ville de verdure et de parcs, une ville connue pour son importante majorité noire (57%), d’où son surnom Chocolate City…. autant dire le paradis pour moi…

Hier, petit tour des galeries de Washington où l’accueil est nettement plus amical qu’à NYC. Puis déjeuner à Busboys and Poets, café intello branché radical, nommé ainsi d’après l’écrivain noir Langston Hughes:

On one particular evening Langston placed several of his poems beside the dinner-plate of American Poet Nicolas Vachel Lindsay who in turn the following day wrote in the local newspaper and spoke of his meeting with the “Negro busboy poet” (un aide-serveur poète noir)

Hold fast to dreams, For if dreams die, Life is a broken-winged bird that cannot fly, Hold fast to dreams, For if dreams go, Life is a barren field, Frozen with snow.”

“I swear to the Lord,I still can’t see, why democracy means, everybody but me.”

 

En soirée, Ram m’emmène au théâtre à Crystal City, autant dire à l’autre bout du monde, voir une pièce sur la crise des missiles de 1962, “Titans”. Beau rappel d’histoire, belle production et excellent jeu d’acteurs…

 

Retour sur Adams Morgan où l’on va souper au Diner (prononcez Dailleneur) puis prendre un verre au bar le TomTom où travaille une amie de Ram, Perry, qui a à peu près le look de Sigourney Weaver dans Alien et les mêmes manières androgynes et sexy d’une killer.

 

Evidemment, le bar est rempli de jeunes venus s’éclater et Ram s’amuse à brancher pour moi (et sans me demander mon avis) un gars un peu plus âgé installé au bout du bar et qui s’avère être un … sénégalais…

-What’s your name?

-Brahim…

-Nice to meet you and this is my friend Chris … Le gars entend “Youssef” et me prend d’emblée pour un arabe… Ca me change guère de Paris où l’on me prend régulièrement pour un kabyle ou un russe…

Ram a décidé de s’amuser encore et pousse le bouchon:

-Chris writes a novel…

-Oh, you are a novelist, s’exclame le gars, un peu admiratif…

-Well, call me a novelist when my first novel is published, for now, let’s say I am writing a novel…

Je commence à transpirer malgré la clim’… Vu que le mec, très sympa, est de toute évidence hétéro dans un bar hétéro, je tire un peu Ram par la manche… let’s go!

 

Bon là je vous dois une explication: depuis que Ram sait que j’écris un roman et qu’il en connaît le sujet, il se montre très enthousiaste… et me pousse à écrire vite et beaucoup. Il me met une pression d’enfer pour que je termine au plus vite. Déjà au théâtre, il m’avait fait le coup du “Chris writes a novel”.

J’adore Ram. Je partage avec lui plein d’idées et de valeur, ce qui a le mérite de rendre Michael jaloux… C’est un bel homme de 61 ans (”sixty-one point five”) comme il s’amuse à le dire… élancé, mince et avec de grands yeux bleus qui embrassent le monde avec honnêteté et compassion à la fois…

 

Bref, au lieu d’aller traîner du côté de P street où se trouvent quelques uns des bars gay que j’aime, je m’installe vers une heure du matin devant une fenêtre pour sentir la brise fraîche. Résultat: cinq pages écrites d’une seule traite… L’effet “kiss cool’ ce Ram…

Vignette: les gros me rendent fou!

juillet 31, 2008 by newyorkartdiary

Quand je viens en été aux Usa, je perds généralement du poids. Certes, il fait chaud, je fais du vélo régulièrement, je vais danser plusieurs nuits par semaine et je fais des folies de mon corps… Mais vu ma consommation de “Cuba Libre”, je devrais ne pas bouger, ceci compensant cela. Je commence à avoir de sérieux problèmes pour m’alimenter car la nourriture me dégoûte ici. A force de voir les gens manger partout et tout le temps et surtout à la vue des obèses, je suis pris d’une fureur sans nom. Le pire est de voir des parents mettre en danger la vie de leurs enfants tant d’un point de vue médical que social. Autant vous dire que ça me retourne l’estomac. 

Du coup, je grignote des fruits secs et des noix. un vrai écureuil, le gars…

Day Twenty-three: attention à l’accoutumance…

juillet 31, 2008 by newyorkartdiary

… Bon ça y est, je suis dans un de ces beaux engins roulants et rutilants en partance pour Washington DC, où je resterai jusqu’à lundi après-midi. Merveille, non seulement j’ai pu brancher mon Mac mais en plus je peux me connecter à internet. Merci Boltbus!

Je n’ai aucune idée si je vais trouver une connexion à Washington. A défaut, j’irai de temps en temps me connecter dans un de ces beaux cafés d’Adams morgan. Car sans connexion, je suis comme une plante sans gaz carbonique… ou un coca light sans bulle… angoisse!

 

Peut-être, certains d’entre vous pourrez aussi sentir un phénomène d’accoutumance inattendu… Ah les états de manque…

 

Je rends visite à mon ami Ram et je vous promets de vous montrer son appartement en photo (le gars est fan d’architecture et il vient de terminer les travaux!). Ram habite au 1736 Columbia Road, une adresse que je connais bien puisque, dans le même immeuble habitait Michael il y a trois ans encore. 

D’ailleurs, les fenêtres arrondies du rez-de-chaussée gardent quelques vibrants souvenirs de mes étés à Washington DC…

Day Twenty-two: Et hop, à poil

juillet 31, 2008 by newyorkartdiary

Mon ami Ricardo Francis peint principalement du nu masculin (je vous en ai parlé précédemment). Au téléphone, il me parle de nouveaux autoportraits qu’il doit faire pour ses prochaines compositions. Je lui propose mes services comme assistant artistique et je m’assure que l’appartement de Michael est libre l’après midi pour une séance photo nu. Comme tout bon artiste (Rembrandt ou Defoer) les autoportraits, ça sert toujours…

je vous en montre un mais, étant au pays des puritains, j’ai choisi le plus flou et l’ai censuré un peu…

Et hop, à poil dans la cuisine…

Day Twenty-one: Ma N.O.P.

juillet 31, 2008 by newyorkartdiary

Week-end pépère, je vous refais pas le coup du Monster, mais on est territorial où on l’est pas. Je voulais vous parler de ma N.O.P., ma névrose obsessionnelle de propreté… Je fais pas mal de vélo sur le Riverside Park et comme il fait relativement chaud, je m’arrête régulièrement pour boire aux fontaines prévues à cet effet. Sauf que, depuis que j’ai vu un clochard se laver au dessus d’une des fontaines où je m’arrête régulièrement, j’ai un peu de mal à me désaltérer…

Heureusement, l’Amérique prévoit tout, on a un joli flacon pour se “sanitizer” à tout moment.

Day Eighteen: journée plage à Brooklyn

juillet 26, 2008 by newyorkartdiary

Au sud du Brooklyn, Coney Island. C’est la bande de sable que vous voyez.

Tout le monde connaît le fameux parc d’attraction pour l’avoir vu dans des films ou en photo:

Bref, c’est une plage au pied de HLM en briques rouges

 

avec parfois quelques perles (noires)…